Au
milieu d’un
espace, deux immenses balais mécaniques, plus grands que
l’échelle humaine, sont suspendus et
s’animent dans un mouvement de balancier. Au passage, ils
frottent, flattent et grattent un amoncellement de papiers journal,
aluminium et autres. Leurs rythmes, parfois très lents, nous
donnent l’impression d’être suspendus
dans le temps et leurs démesures, un sentiment de
fragilité et une perte d’équilibre. Des
microphones insérés dans les brosses captent les
vibrations du papier, et nous révèlent la
richesse sonore de ces matériaux que nous côtoyons
tous les jours.
Les déplacements des visiteurs sont captés par
une caméra vidéo, et ensuite
interprétés en temps réel influant
ainsi sur les mouvements des balais mécaniques, les signaux
sonores et leur diffusion dans l’espace. Les visiteurs
peuvent modeler le territoire sonore en temps réel. Ils ont
le choix de leur propre temporalité. Le visiteur est
essentiel au fonctionnement de cet environnement, sans lui la voix des
choses restera silencieuse.
Notre travail concerne les phénomènes
liés aux sons/bruits à leurs propagations, aux
stimuli qu’ils nous procurent ainsi qu’à
l’aspect subjectif de la perception visuelle et auditive. Il
s'agit d’un voyage au pays des bruits
généré par des matières qui
normalement ont d’autres fonctions. En fait, ces bruits
parlent de la vie. Nous explorons la relation de cause à
effet, entre le visiteur/interacteur et les sons/résultats,
en soulignant l’aspect purement concret des sons
émis par cette machine à l’aspect
familier et étrange à la fois et leurs mutations
électroacoustiques en temps réel liées
à la déambulation des visiteurs.
Cette machine qui occupe l’espace par le son et le mouvement
met en relief la rencontre de différents
matériaux détournés de leur fonction
habituelle. Cet espace permet d’écouter la musique
des bruits produites par des matériaux qui peuplent nos
expériences quotidiennes. Ces microbruits que nous
amplifions habitent l’espace et racontent quelque chose sur
la précarité du temps, en mettant en perspective
nos expériences et relations avec ce qui nous entoure.
L’univers sonore généré par
la voix des choses s’active à partir du moment
où une présence est reconnue, il est
diffusé par un système de traitement multicanal
comprenant quatre haut-parleurs positionnés
stratégiquement dans l’espace, permettant ainsi
une spatialisation sonore. Les sons émis par chacun des
haut-parleurs sont définis en fonction de
différents éléments : la position des
balais mécaniques, des microphones et leurs lectures ;
lecture de texture (papier), lecture d’amplitude (niveau
sonore), lecture de densité (nombre de sons
simultanés) et lecture de hauteur (sons aigus, graves). Les
sons sont dirigés et traités sur quatre canaux et
répartis dans l’espace engendrant ainsi un
territoire sonore où nous entendons la voix des choses.
PÉRIODIQUES — MAGAZINES — QUOTIDIENS
2006 Maison de la culture Mercier.
« La dérive de l’intant »,
Journal MHM, Montréal (Québec), automne, p. C8
2006 Koch, Phil. « Send & Receive: A Festival of Sound
», Border Crossings, Winnipeg (Manitoba), numéro
97, p.127-129
2006 « Les choses prennent voix chez Action Art Actuel
», Le Canada Français, Saint-Jean-sur-Richelieu
(Québec), 29 mars
2006 « La voix des choses », Le Canada
Français, Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec), 12
avril
2006 « La voix des choses», Culture Haut Richelieu,
Saint-Jean-sur-Richelieu (Québec), mars
2005 Rach, Jach. « Installation relies on
interaction » , The Projector, Winnipeg (Manitoba), 7
novembre, p. 21
2005 Roberts, Lorne. « Viewers create artistics sounds
», Winnipeg Free Press (Manitoba), 27 octobre, p. D5
2005 Smith, Kenton. « Have you ever heard the sound of…
», The Uniter, Winnipeg (Manitoba), 20 octobre
2005 Viau, René. « L’art des bruits
», ETC. Montréal (Québec), no 70, p.
43-45
2005 Lisa Marie, Noël. « Les murs du son »,
Montréal (Québec), volume 8 no 3, 28
février
2005 Delgado, Jérôme. « Sons
urbain», La Presse, Montréal (Québec),
13 février, p. 10
|