MATÉRIAUX : merisier, aluminium, brosses,
papiers, moteurs, microphones, électroniques,
caméra vidéo, amplificateurs, haut-parleurs,
interface midi, interface audio, ordinateur, MaxMsp et Soft VNS.
DIMENSIONS : 3,3 m de haut X 2,2m de large x 1m de profondeur
Au milieu d’un espace, deux immenses balais
mécaniques, plus grands que l’échelle
humaine, sont suspendus et s’animent dans un mouvement de
balancier. Au passage, ils frottent, flattent et grattent un
amoncellement de papiers journal, aluminium et autres. Leurs rythmes,
parfois très lents, nous donnent l’impression
d’être suspendus dans le temps et leurs
démesures, un sentiment de fragilité et une perte
d’équilibre. Des microphones
insérés dans les brosses captent les vibrations
du papier, et nous révèlent la richesse sonore de
ces matériaux que nous côtoyons tous les jours.
Les déplacements des visiteurs sont captés par
une caméra vidéo, et ensuite
interprétés en temps réel influant
ainsi sur les mouvements des balais mécaniques, les signaux
sonores et leur diffusion dans l’espace. Les visiteurs
peuvent modeler le territoire sonore en temps réel. Ils ont
le choix de leur propre temporalité. Le visiteur est
essentiel au fonctionnement de cet environnement, sans lui la voix des
choses restera silencieuse.
Notre travail concerne les phénomènes
liés aux sons/bruits à leurs propagations, aux
stimuli qu’ils nous procurent ainsi qu’à
l’aspect subjectif de la perception visuelle et auditive. Il
s'agit d’un voyage au pays des bruits
généré par des matières qui
normalement ont d’autres fonctions. En fait, ces bruits
parlent de la vie. Nous explorons la relation de cause à
effet,
entre le visiteur/interacteur et les sons/résultats, en
soulignant l’aspect purement concret des sons émis
par cette machine à l’aspect familier et
étrange à la fois et leurs mutations
électroacoustiques en temps réel liées
à la déambulation des visiteurs.
Cette machine qui occupe l’espace par le son et le mouvement
met en relief la rencontre de différents
matériaux détournés de leur fonction
habituelle. Cet espace permet d’écouter la musique
des bruits produites par des matériaux qui peuplent nos
expériences quotidiennes. Ces microbruits que nous
amplifions habitent l’espace et racontent quelque chose sur
la précarité du temps, en mettant en perspective
nos expériences et relations avec ce qui nous entoure.
L’univers sonore généré par
la voix des choses s’active à partir du moment
où une présence est reconnue, il est
diffusé par un système de traitement multicanal
comprenant quatre haut-parleurs positionnés
stratégiquement dans l’espace, permettant ainsi
une spatialisation sonore. Les sons émis par chacun des
haut-parleurs sont définis en fonction de
différents éléments : la position des
balais mécaniques, des microphones et leurs lectures ;
lecture de texture (papier), lecture d’amplitude (niveau
sonore), lecture de densité (nombre de sons
simultanés) et lecture de hauteur (sons aigus, graves). Les
sons sont dirigés et traités sur quatre canaux et
répartis dans l’espace engendrant ainsi un
territoire sonore où nous entendons la voix des choses.
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