LA CIRCULATION DES FLUIDES
(2007/08) - Vidéo
MATÉRIAUX
: bois,
papier, haut-parleurs, amplificateurs, interface audio,
détecteurs ultrasoniques, électronique,
ordinateur.
DIMENSIONS : 5,18 x
6 x 2,5 m
La
circulation des fluides
sonde la résonance des eaux, ces corps liquides qui nous
sont familiers par la vue et l’écoute
aérienne, mais dont les échos subaquatiques nous
restent somme toute étrangers. Eaux douces, eaux
salées, utilitaires ou consommées,
l’eau fait partie intégrante de nos vies. La
majeure partie de la planète est submergée et le
corps humain est essentiellement constitué d’eau.
Puis il y a ces temps originel et utérin où tous,
nous avons baigné dans un substrat liquide. Nous sommes
issus des fluides, nous vivons au rythme des fluides.
L’écoute des mondes aquatiques
révèle ainsi un bagage ontologique et social, aux
métaphores potentielles à explorer par nos
oreilles aériennes.
L’eau a sa spatialité propre, son rythme propre,
ses modalités propres. Elle est duelle, une masse
à la fois dense et légère, un milieu
comprenant des zones de confort comme des régions obscures.
Ce macrocosme liquide, figure de l’insondable, semble
être un abîme de silence. Hors il recèle
des sonorités qui, pour y accéder,
requièrent une écoute de l’
«intérieur».
La Circulation des fluides est une installation sonore,
composée de pavillons en papier de dimensions
variées, portés par une structure en bois aux
nombreuses lignes de fuites qui s’entrecroisent, multipliant
les points de vue et les horizons. Chaque pavillon est muni
d’un haut-parleur, d’un canal
d’amplification et d’un capteur à
ultrasons. Par ses mouvements et ses déplacements, le
visiteur qui déambule dans l’espace active
l’émission et façonne les modulations
de sonorités subaquatiques de diverses natures, qui ont
été captées par hydrophones (micros
étanches à l’eau). Aussi, plus il se
rapproche d’une source audio, plus le volume
s’accroît et à l’inverse, au
moment où il s’en éloigne,
l’intensité diminue. Les sons sommeillent,
attendent l’interlocuteur pour se
révéler. Ils vont et viennent, dans la mouvance
des corps. La sensation dominante est celle d’une
plongée acoustique dans l’antre
d’univers fluides en constante mutation,
révélant des mondes inaudibles quoique vaguement
familiers.
À la manière d’un réseau,
l’œuvre est active en différents points
de
l’espace, elle est organique, relationnelle, engageant le
dialogue
entre les divers éléments en
présence
— sons, sculpture, visiteur — s’affirmant
comme un
tout. Des lignes de force et des trajets d’écoute
se
composent, s’altèrent et se rejouent. Des parcours
multiples sont dès lors possibles, faisant surgir des
itinéraires imprévisibles, voire intimistes, car
l’eau, l’humide, convie aussi à une
expérience sensorielle et mémorielle.
Présentation
2010 > MM11
[ AHR.KI.TEK.TON.IK ],
Québec (Québec), du 18 au 28 février
> AXENÉO7,
Hull (Gatineau), novembre
et
décembre
Partenaire
financier
Conseil
des arts et des lettres du Québec
Images
Catherine
Béchard
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